Backcountry Trip to Japan

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Prévoir son voyage de backcountry au Japon

 

Le Japon est pour plusieurs skieurs la parfaite destination pour trouver de la poudreuse à l’infini. Nous sommes donc partis toute la gang pour aller expérimenter la culture japonaise et skier la meilleure neige de notre vie sur l’île d’Hokkaido au Japon. Hokkaido est une petite île située au nord du Japon, qui reçoit des quantités de neige incroyables chaque hiver. Par exemple, la station de Niseko reçoit en moyenne 13 mètres de neige chaque hiver.

Choisir le bon temps de l’année et où skier

L’hiver au Japon est du mois décembre au mois de mars. Par ailleurs, les chutes de neiges abondantes sont plus souvent remarquées durant janvier et février.

Deux choix principaux sont possibles : Hokkaido et Hakuba. Hokkaido est en fait l’île du Nord et est reconnue pour recevoir le plus de neige au Japon. Hakuba est la région des alpes japonaises et possède des montagnes plus élevées. Par contre, ces montagnes demandent un manteau neigeux plus profond.

Se déplacer

Les vols internationaux atterrissent en général à Tokyo. Après une escale de 48h pour explorer la ville, on embarque sur un court vol d’une heure pour se rendre sur l’Île d’Hokkaido, à l’aéroport de Sapporo.

Prix: il est facile de regarder pour le vol le plus économique sur internet, mais rappelez-vous qu’il s’agit de longs vols et qu’il peut valoir la peine d’acheter un vol avec une compagnie aérienne populaire. Les repas inclus ainsi que les bagages inclus peuvent jouer la différence au niveau du coût.

Louer une voiture est selon nous essentiel pour se permettre d’aller skier hors des sentiers battus. La location d’une voiture de taille moyenne nous a coûté 800$ canadiens pour 14 jours. Nous avons également vu plusieurs skieurs opter pour le voyage en van, ce qui peut être cool pour se réveiller au pied des montagnes, prêt à skier !

À mettre dans sa valise

Sur l’Île d’Hokkaido, le climat est frais et humide. Il peut parfois faire -8 à la base de la montagne, mais -21 au sommet avec le vent. Lors des journées en station, il faut être prêt à s’habiller très chaudement dans les remontées mécaniques, puis à enlever plusieurs couches pour grimper vers les gates de backcountry. Nous avions tous une couche de base, une couche intermédiaire GILLTEK® (Morrison ou Phoenix), un isolant (Link) et une coquille respirante (MTN-X). De cette façon, on peut faire différentes combinaisons selon la météo du moment.

C’est également pourquoi nous avions notre sac à dos de rando en tout temps. C’est un indispensable pour trainer les différentes couches, le lunch, une bouteille d’eau et une lentille de rechange pour les lunettes de ski.

On vous conseille des crampons pour bottes ou couteaux à ski pour les expéditions sur les volcans. Les sommets alpins sont toujours exposés au vent et les déplacements peuvent devenir périlleux. Avec des crampons, c’est beaucoup plus sécuritaire et rapide !

SKIER EN STATION : FONCTIONNEMENT DES GATES DE BACKCOUNTRY

 

En station, la meilleure neige se trouve souvent hors des limites du domaine skiable. Heureusement, la communauté du ski japonaise a mis en place un système qui permet d’avoir accès à du terrain digne du backcountry, tout en utilisant l’aide des remontées mécaniques. Les “gates” sont des entrées désignées qui permettent d’accéder à des descentes hors du domaine skiable traditionnel. Elles se terminent toutes à la base de la remontée mécanique, donc il n’est pas nécessaire d’avoir ses peaux d'ascension.

Chaque matin, les stations publient un rapport d’avalanche accompagné de l’état d’ouverture des portes de backcountry selon les conditions météorologiques et la stabilité du manteau neigeux. Comme n’importe où dans le monde, il est essentiel d’apporter avec soit un sac à dos, DVA, pelle et sonde pour s’aventurer dans le backcountry.

Le grand domaine skiable de Niseko compte 11 portes vers l’arrière-pays. Certaines peuvent demander jusqu’à 40 minutes de marche afin de se rendre à l’entrée, d’autres sont très faciles d’accès.

*Truc pour économiser sur le billet: Plutôt que d’acheter des billets pour la journée complète, nous avons toujours opté pour les blocs de 5h. Par exemple, en arrivant à la montagne pour l’ouverture à 9h, la dernière remontée serait à 14h. En comptant qu’une descente en slackcountry prend un peu plus d’une heure, on finit notre journée vers 15h30. Un bloc de 5h dans une station de Niseko coûte environ 60$ canadien.

Les conditions dans les portes de backcountry peuvent être vraiment impressionnantes. Profitez-en tôt le matin suivant une tempête, avant que le terrain devienne tracé.

SKIER EN BACKCOUNTRY : COMMENT CHOISIR UNE MONTAGNE

 

Nous avons eu recours à 2 outils indispensables pour trouver les meilleures montagnes à skier en arrière-pays. On vous suggère fortement de les consulter chaque jour afin de planifier vos sorties.

+ Le blogue Hokkaido Wilds répertorie plusieurs spots de backcountry sur une carte interactive de Hokkaido. Chaque spot est très bien documenté avec le niveau de difficulté, la durée estimée de la randonnée et un rapport sur l’expérience vécue par les auteurs du blogue lors de leur sortie. Hokkaidowild: à noter qu’il y a plusieurs refuges gratuits, accessibles en ski, d’indiquer sur ce site. Il est possible de prévoir le matériel nécessaire (matelas, sac de couchage, etc.) pour une nuit en refuge

+ L’application FatMap permet d’avoir accès au relief, aux inclinaisons de pente, à l’altitude et aux zones avalancheuses sur une carte interactive. Elle indique également les sentiers d’ascension balisés et les descentes classiques de chaque montagne. Cette app nous a fait remarquer que les options de ski sont infinies sur l’Île.

Top 3 des randonnées

1. L'AVENTURE ULTIME : MONT YOTEI

2. LES CHEMINÉES DE VAPEUR D'ASAHIDAKE

3. DERRIÈRE ANNUPURI : MONT IWAONUPURI 

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L’aventure ultime : Mont Yotei

Le mont Yotei est un volcan à la forme conique qui peut être admiré d’un peu partout dans la région de Niseko. Ça faisait quelques jours qu’on avait notre oeil sur son sommet, attendant une bonne fenêtre météo pour tenter d’y grimper.

Le matin de l’ascension, on arrive à 6h du matin au stationnement pour un départ à la frontale. La randonnée débute dans une forêt de bouleaux et de bambous, on gagne de l’altitude assez rapidement.

Yotei vu de la station de Niseko Grand Hirafu

 

 

 

 

Arrivés à 1300m d’altitude, la zone alpine débute. En l’absence d’arbres pour le protéger, le manteau neigeux se fait constamment balayer par le vent, créant une bonne croûte qui rend les déplacements plus difficiles.

 

À 300m du sommet, on entame la dernière section avec les skis sur le dos. Nous nous retrouvons tout d’un coup au-dessus des nuages, le soleil brille et on aperçoit finalement le sommet devant nous !

5h après notre départ, on atteint le sommet et on obtient une magnifique vue sur le cratère du mont Yotei : un énorme bol rempli de neige fraîche à l’abri du vent. On entame notre descente dans le cratère. Probablement l’endroit le plus spécial où nous avons pu skier dans notre vie.

Le retour au stationnement est un peu plus laborieux, il faut redescendre sur la face du cratère exposée au vent. Les conditions sont difficiles au sommet, mais la neige s’améliore alors qu’on descend en altitude et que l’on rejoint la limite forestière.

Avec un dénivelé positif de 2000m au compteur, la journée est un succès ! Le bol de ramen et la bière seront bien mérités.

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Les cheminées de vapeur d’Asahidake

Le Mont Asahi (Asahi-Dake) est le plus haut sommet d'Hokkaido. Il est possible de prendre une gondole qui part de la base de la montagne et qui se rend jusqu’aux cheminées de soufre à 1600m d’altitude. Après avoir pris la gondole, on arrive aux fumerolles et on en profite pour s’amuser un peu.

On commence ensuite l’ascension vers le sommet, en suivant le passage sur l’épaule de la montagne. La neige est ici aussi, très affectée par le vent, il faut donc attacher nos skis à notre sac à dos et terminer en bootpack. Une paire de crampons aurait été assez pratique! Seulement quelques courageux se rendent jusqu’au sommet.

 

 

 

 

 

 

On réussit à trouver deux lignes skiables, mais on descend assez prudemment puisqu’une chute nous ferait tomber sur les roches exposées.

On finit en bas du bol, le soleil commence à se coucher et le décor avec les fumerolles est digne d’une autre planète !

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Derrière Annupuri: Mont Iwaonupuri

Ce secteur situé à 40 minutes du centre-ville de Niseko est super facile d’accès. À partir du stationnement, les possibilités sont infinies. Le terrain est très ouvert, parsemé de quelques bouleaux qui en font un paysage typiquement japonais. Il n’y a pas de sentier marqué, mais on trouve facilement des traces à suivre pour atteindre les différents sommets du secteur (consultez FatMap à l’avance pour choisir votre route et vous informer sur les zones avalancheuses).

Cette journée-là, le soleil brillait et on a pu faire 2 descentes d’environ 300 m de dénivelé dans du terrain alpin et de la neige bien poudreuse.

À notre retour, nous nous sommes dirigés vers un saut que nous avions aperçu durant l’approche. C’est très rare de trouver un saut déjà construit en backcountry. Ne restait plus qu’à faire un bon vieux roche-papier-ciseaux pour savoir qui était le premier à s’élancer sur ce saut et profiter de ce beau cadeau.

Apprécier la culture japonaise

Le Japon est une destination de rêve puisqu’elle allie les montagnes et une culture unique.

 

Partout sur l’île d’Hokkaido, on retrouve des onsens, des bains extérieurs d’eau chaude thérapeutique issue de sources volcaniques. La visite des onsens est une tradition pour les Japonais et il y a plusieurs règles à respecter, par exemple, la nudité est de rigueur. C’est le parfait endroit pour relaxer après une grosse journée de poudreuse.

 

 

 

 

Un voyage au Japon n’est pas complet sans un passage dans un des fameux dépanneurs 7-Eleven. C’est le lieu de prédilection pour un déjeuner sur la route, un café glacé ou un lunch à apporter en montagne. On y trouve toujours des collations inusitées.

+ Camille Hébert, LC Pilon, Sam Beauchesne et Julien Laflamme

+ Photos by @lcpilon